Pourquoi ces têtes plates ?

Pour une seule raison : le crâne très malléable du nourrisson reçoit une pression trop importante sur l’arrière-crâne.

Ces têtes plates sont apparues il y a 20 ans, quand il a été « conseillé » de faire dormir les bébés sur le dos.

Il y a 20 ans, il n’existait pas de têtes plates, ou extrêmement peu, de l’ordre de 0,5%.
En 20 ans, de 1996 à 2016, la progression est dramatique. Si certains chiffres officiels parlent de 46% à l’âge de 2 mois*, la vérité est que tous les nourrissons sont atteints, plus ou moins, s’ils sont couchés régulièrement sur le dos.

L’historique de cette situation : du coucher sur le ventre au coucher sur le dos.

1/ La mise sur le ventre

Toutes les civilisations, toutes les cultures, ont pris soin, depuis que le monde est monde, de protéger la tête des nourrissons ; car il était su et vu qu’il existait sur ce crâne des zones molles et donc fragiles.
Elles ont ainsi été conduites à adopter vis à vis de ce crâne une attitude de bon sens qui éliminait toute conduite déformante. Elles ont respecté la nature de ce bébé, encore tout arrondi et replié, en le plaçant sur le côté et en alternant régulièrement le positionnement sur la gauche et sur la droite.
La physiologie du bébé était respectée, il n’existait aucune pression sur les parties en relief du crâne ; il n’y avait pas de têtes plates bien sûr.

Vers les années fin 1970, certaines « élites » pédiatriques occidentales trouvent de bons arguments pour militer en faveur du coucher sur le ventre. Cette position disent-elles, favorise un meilleur développement psychomoteur, permet une meilleure oxygénation (… !?), diminue les coliques et les conséquences du reflux.

Ainsi fût-il fait. En occident (USA-Canada-Europe), le conseil était de coucher désormais les bébés sur le ventre.

Au bout de 15 ans de couchage sur le ventre, il apparût dans tous les pays une augmentation importante des chiffres de la mortalité infantile. Il n’y avait pas d’explication !
L’on a donc appelé ce phénomène « la mort subite du nourrisson » (MSN). Et une enquête internationale fût lancé pour en trouver la cause.

À force de chercher, il a bien fallu se rendre compte que ces décès survenaient en très grande majorité dans les groupes d’enfants ayant été couché sur le ventre, par rapport à des groupes témoins qui avait dormi autrement, sur le côté ou sur le dos.

La responsabilité du couchage sur le ventre était patente.

Pourquoi le coucher sur le ventre a t-il généré tous ces décès ?
Parce que si un jeune nouveau-né, couché sur le ventre, reste plutôt immobile ; au fur et à mesure des semaines, il va lever la tête, pousser sur ses petites jambes et se mettre à ramper. Ramper vers où ? Vers un oreiller, vers le trou entre le matelas et le bord de lit, vers un tour de lit, vers tout obstacle qu’il peut rencontrer.
Si l’enfant régurgitait beaucoup ou vomissait, il n’avait bientôt plus la force de lever sa tête.
L’enfant placé sur le ventre pouvait donc mourir d’étouffement et d’asphyxie.

Dans les années 80 à 91 il mourait ainsi chaque année, en France, 1500 nourrissons de mort subite par étouffement liée à la position ventrale.
Pendant 10 ans : 15000 décès
Pour l’ensemble des pays occidentaux sur 10 ans : 100.000 décès !

La Médecine avait donc failli.
0ù se trouvait la faille ?

Deux failles en fait

– Première faille : la simple physiologie respiratoire. Si un nouveau-né placé sur le ventre a sa tête orientée (par sa mère) sur le plan du lit à droite ou à gauche et respire normalement son oxygène ; au bout de quelques semaines il peut relever sa tête, mais la replonger par épuisement toute droite sur le plan du lit et respirer alors non plus de l’oxygène mais du Co2, ce gaz qu’il expire. Ce qui va l’asphyxier, sans bruit.

– Deuxième faille : La non prise en compte de facteurs nocifs liés à la literie.
Il n’avait pas été anticipé qu’en rampant et poussant sur ses pieds, l’enfant allait pouvoir venir s’étouffer contre tous les obstacles encore présents sur le lit. Il n’avait pas été conseillé d’éliminer tout objet sur un matelas, lui même vérifié comme bien adapté à l’armature du lit.

En rompant avec une tradition pluri-millénaire et universelle de couchage (sur le côté), la médecine a voulu rendre nos enfants plus « psycho-développés ». Trop d’entre eux sont morts de cette expérience dévastatrice.

2/ En 1992, l’académie américaine de pédiatrie décide d’abandonner officiellement la position ventrale et instaure le « safe to sleep ».

Safe to sleep ! C’est à dire on oublie la position ventrale pour revenir à une position « safe », sûre. C’est le choix donné aux parents entre la position sur le côté ou sur le dos.

L’abandon de cette position ventrale fait chuter de manière spectaculaire le nombre de décès. Les chiffres de la mortalité infantiles passent, en France, entre 92 et 96, de 1250 à 430 décès par an.

Le simple arrêt de la position ventrale a donc fait diminuer la mortalité de 65% *en 4 ans en France. (source : INSERM- nombre de MSN en France).

3/ En 1996, cette même académie américaine décide de placer tous les bébés sur le dos.

Considérant qu’il fallait tenter de faire encore diminuer le nombre de MSN, le choix de mettre les enfants sur le côté ou sur le dos est abandonné. Et la règle devient la suivante : tous les bébés doivent toujours dormir sur le dos, et bien sûr dès la naissance.

A partir de cette date là, le nombre de têtes plates va exploser !

Dr Thierry Marck – pédiatre